Cinéma

Y’A DU CINÉ DANS L’AIR ! – N°130

LES ETERNELS (ASH IS PUREST WHITE) (Compétition Officielle) (sortie prévue le 26 décembre)

de Jia Zhang-ke (Zhao Tao, Fan Liao, Feng Xiaogang)

 

Jia Zhang-Ke, déjà récipiendaire du prix de la mise en scène, en 2013, pour l’inégal « A TOUCH OF SIN » – et gros oublié du palmarès en 2015 avec le splendide « AU DELÀ DES MONTAGNES », cri d’alarme pertinent sur les méfaits du capitalisme sauvage et relation filiale bouleversante – revient en découdre.
2001. Qiao, une jeune femme, est amoureuse de Bin, petit chef de la pègre locale de Datong. S’occupant de son père, minier et malade, elle n’hésite pas à s’investir dans la vie locale. Un soir, Bin est attaqué par une bande d’adolescents et, les choses tournant mal, elle sort un revolver et tire avec. Condamner pour port d’arme illégale, elle prend cinq ans de prison. À sa sortie, les choses ont passablement changé…
Il faut bien l’avouer, c’est une déception.
Si l’essentielle de la forme est toujours présente – composition minutieuse des cadres -, force est de reconnaître une baisse de créativité dans l’enchaînement des plans et des problèmes concernant la narration – trop linéaire – et le rythme générale de l’ensemble.
Malgré les efforts concernant l’image et la photographie dues au français Eric Gaultier, rien de comparable avec la maestria de Nelson Lik-wai Yu, chef opérateur attitré d’ordinaire de Zhang-ke.
Le plus frustrant reste le fond à proprement parler.
Si l’approche du gangstérisme, ici, est plutôt intéressante – montrer le quotidien et donc une certaine banalité des voyous – encore faudrait-il y insuffler de l’originalité et surtout du lyrisme dans l’exposition des clichés habituels – les karaokés, la corruption.
Malgré la beauté indéniable et la justesse de Zhao Tao – déjà dans « AU DELÀ DES MONTAGNES » -, son compagnon de jeu, Fan Liao – pourtant très bien dans le curieux « BLACK COAL » – s’avère en deçà et son personnage trop hermétique pour que l’on puisse être attendri par cette romance déséquilibrée, jamais réhaussée par la mutation économique du pays en toile de fond.
Bref, trop de politesse et pas assez de gros mots.

 

 

ARCTIC (Hors Compétition) (sortie prévue le 5 décembre)

de Joe Penna (Mads Mikkelsen, Maria Thelma Smáradóttir)

 

Le pôle Nord, c’est vaste, froid et ça ne pardonne pas si l’on a la malchance de se retrouver là-bas, tout seul, avec des moyens de survie limitée dans le temps.
Demandez-donc à Mads Mikkelsen.
Celui-ci, dans ce premier long d’un ancien youtubeur brésilien à succès, campe un pilote d’avion qui s’est crashé dans le grand manteau blanc et lutte en attendant d’éventuels secours. Ces derniers arrivent sous la forme d’un hélicoptère qui passait par là et qui, manque de pot, s’écrase également. Mikkelsen parvient à sauver in extremis une des occupantes gravement blessée. Il va alors entreprendre – pour la sauver – un long périple suicidaire pour rejoindre une base éloignée.
Le « survival » est un genre à part entière.
Le dernier en date le plus mémorable reste l’excellentissime « LE TERRITOIRE ES LOUPS » de Joe Carnahan avec un Liam Neeson dantesque.
Présentement, on n’y est pas, mais alors pas du tout.
En dépit de la sincérité évidente de Mads à l’écran, le spectateur, incrédule, subit un long calvaire aux situations incohérentes – le protagoniste principal n’a pas besoin de lunettes de soleil pour échapper à la réverbération du soleil, où si il n’en possède plus, n’est en rien gêné par cela – et frisant parfois le ridicule, voire la séquence finale.
Je vous laisse, je suis à l’« ARCTIC » de la mort…

 

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