Cinéma

Y’A DU CINÉ DANS L’AIR ! – N°123

GOOD TIME

de Ben et Joshua Safdie (Robert Pattinson, Jennifer Jason Leigh, Barkhad Abdi)

 

Depuis les Lumière, on en a vu quelques-uns de frangins devenant illustres dans le septième art.
Les Coen, les Farrelly, les Dardenne, les Larrieu, les Pang, les Taviani, les Quay et les Wachowski. Ces derniers avant que l’un d’eux ne se décide a changer de sexe pour certainement plus de confort a l’intérieur de son pantalon.
Puis, il y a le cas de Ben et Joshua Safdie.
Petits prodiges qui participent au renouveau du cinoche US indépendant, ils entretiennent une véritable histoire passionnelle avec le Festival de Cannes.
Leurs premières oeuvres sont toutes passées a la Quinzaine des Réalisateurs, que ce soit « THE PLEASURE OF BEING ROBBED » – jolie romance centrée autour d’une pickpocket -, ou bien, en 2009, le tragi-comique « LENNY AND THE KIDS », sur un père divorcé déambulant avec ses deux enfants.
Quelques courts et des documentaires plus tard, ils ont été sélectionnés dans la plus prestigieuse section de la croisette : la compét’ officielle.
Connie, jeune frappe a un frère, Nick, handicapé mental. Tous deux résident chez leur grand-mère, a New-York, et veulent se sortir de leur quotidien misérable. Pour se faire, ils effectuent un braquage qui se terminent mal car Nick est arrêté par la police. Connie, s’étant échappé, décide alors de le libérer, soit en payant la caution, soit en le faisant s’évader…
Tout en conservant la sécheresse de ton qui les caractérise – et leurs autres spécificités, tel un réalisme poisseux – les Safdie convoquent, ici, tous les grands noms qui ont su magnifier La Grosse Pomme, d’Abel Ferrara (époque « BAD LIEUTENANT », sa meilleure) a Brian de Palma (« L’IMPASSE »), sans oublier, évidemment, John Cassavetes.
Baigné dans des tons ocres et orangés – voire rougeâtres – agrémenté d’une bande-son quasi hypnotique, ce thriller – au scénario classique mais solide – véritable plongée dans les bas-fonds, s’apparente, par moment, à un trip sous LSD.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce long métrage est plus humaniste qu’il n’y parait, car – malgré le versant désenchanté de leurs vies – les protagonistes s’accrochent à leurs idéaux et comptent sur leurs amis proches pour tenir le coup, même fugacement (le dealer d’acide, la petite black).
Soulignons la grande qualité du casting, avec un Robert Pattinson au dessus des autres, impressionnant et irradiant l’écran d’une présence à la fois méphitique et angélique.
On pourra noter cependant une petite baisse de rythme vers la fin.
Mais en résumé, voici une des plus belle déclaration d’amour que deux frérots puissent se faire l’un à l’autre.

 

 

LE REDOUTABLE

de Michel Hazanavicius (Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo)

 

Alors qu’il vient d’achever le tournage « LA CHINOISE », qu’il sort dans la foulée, Jean-Luc Godard, suite à l’échec critique et public s’ensuivant, va se radicaliser et devenir de plus en plus incompréhensible et invivable pour ses proches. Surtout pour Anne, sa femme et muse d’alors…
Se tentant un mix entre les comédies franches qui lui assurèrent le succès comme les « OSS 117 » et le versant dramatique qu’il avait exploré précédemment avec l’insupportable « THE SEARCH », Michel Hazanavicius prend des risques avec ce biopic partiel consacré au principal inventeur de la Nouvelle-Vague.
Malgré Louis Garrel, plutôt crédible grimé en Jean-Luc et Stacey Martin – après « NYMPHOMANIAC » – toujours aussi spontanée à poil, on s’ennuie pas mal car le métrage hésite constamment entre satire et sentimentalisme sans jamais réussir à allier les deux.
Quelques répliques et scénettes provoquent certes un léger sourire – à condition de connaitre un minimum son lexique godardien – mais la platitude de la mise en scène détruit tout.
Alors Michel, t’es « À BOUT DE SOUFFLE » ?

 

 

MARY

de Marc Webb (Chris Evans, Mckenna Grace, Jenny Slate)

 

Une surdouée en mathématique fait tourner la tête à Captain America, lequel, pour une fois, n’a pas le destin du monde entre ses mains, mais uniquement le sien et celui de cette nièce géniale
Le Feel Good Movie par excellence, au scénario prévisible et aux péripéties convenues, mais porté par un casting qui assure comme on dit (mention à la juvénile Mckenna Grace, craquante à souhait, déjà aperçue dans la suite récente d' »INDEPENDANCE DAY »).
Donc, ce « MARY » à tout prix ? (Fallait la faire)
Ça se pourrait…

 

LA SOIRÉE DE LA SEMAINE :

Ne chercher plus, le 15 septembre, au Mega CGR Tours Centre, à partir de 20 h 30, gros événement consacré au Fantastique avec ÇA en avant première, des courts métrages inédits, FIRSTBORN, un deuxième long métrage surprenant, et des surprises.
Tout cela grâce au Festival Mauvais Genre (www.festivalmauvaisgenre.com) qui voudrait bien revenir hanter les rues tourangelles.
Alors, tous au cinoche.
Pour celles et ceux qui ne sont pas du coin, je vous plains terriblement…

 

 

 

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