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Cinéma

Y’A DU CINÉ DANS L’AIR ! – N° 79

LE VOYAGE D’ARLO (3D)

de Peter Sohn (avec les voix de Raymond Ochoa, Jeffrey Wright, Jack Bright)

 

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La préhistoire au cinéma, c’est un nombre incroyable d’oeuvres à gros budgets ou fauchées.
Rien que pour les films d’animation, c’est important.
Citons, par exemple, en 1980, l’excellent « LE CHAÎNON MANQUANT » du belge Picha, qui voyait un gamin d’une tribu, rejeté par les siens à cause de la couleur de sa peau, se lier d’amitié avec un ptérodactyle, le joli « LE PETIT DINOSAURE ET LA VALLÉE DES MERVEILLES » (1988) du grand Don Bluth dont la carrière apporta tant de bonheur aux enfants, « DINOSAURE » en 2000 – déjà une incursion de l’écurie DISNEY -, l’hilarante saga de « l’ÂGE DE GLACE » (loué soit Scrat l’écureuil) produit par la FOX, l’affreux « POURQUOI J’AI PAS MANGÉ MON PÉRE » de Jamel Debbouze et le formidable « LES CROODS » de Kirk Sanders et Chris De Micco sur une lignée d’homme des cavernes pas comme les autres.
Sans oublier le très attendu « EARLY MAN », la prochaine création de Nick Park, le papa de Wallace et Gromitt et membre essentiel des studios AARDMAN.
Autant dire que la période fut traitée comme il se doit.
Et pourtant, DISNEY/PIXAR, après le génial « VICE-VERSA », sorti un peu plus tôt, lance « LE VOYAGE D’ARLO ».
Et si la météorite ayant provoqué l’extinction des dinosaures n’avait pas touché la Terre et poursuivit son chemin dans l’espace. Du coup, les grosses bêtes continuent de régner sur notre planète. Arlo, le petit dernier d’une portée de brontosaure, est chétif et maladroit. Alors que son frère et sa soeur ont prouvé leur valeur aux yeux de leurs parents, il espère pouvoir, un jour, les rendre également fiers de lui. Lors d’une tempête, notre juvénile héros tombe dans la rivière juxtaposant leur habitation et est entraîné à des centaines de kilomètre. Dès lors, en compagnie de Spot, un enfant sauvage, il tentera de rejoindre sa famille malgré les obstacles qui se dresseront sur sa route…
C’est la première fois que le numéro 1 du secteur de l’animé offre au monde entier un deuxième long métrage la même année.
On pouvait craindre que cela fasse trop.
Non.
Car si « VICE-VERSA » était résolument un PIXAR au meilleur sens du terme – plus pour les adultes que pour les plus jeunes – « LE VOYAGE D’ARLO » est certainement plus un DISNEY à part entière.
Outre le brio de l’animation (un palier a de nouveau été franchi, voire les textures, les attitudes – 3D ou 2D qu’importe), tout, du récit balisé au message convenu, renvoie à certains classiques de la firme à grandes oreilles comme « BAMBI » ou « DUMBO ».
Rien de révolutionnaire, mais si l’on excepte quelques « coupes » visibles de scénario – dues à des problèmes de production artistique en amont – nous avons néanmoins affaire à une belle uchronie, qui à défaut de laisser un souvenir impérissable, fait le job : celui de dépayser et parfois d’émouvoir, petits et grands, pendant une heure et demie.
C’est toujours ça de pris en ces temps troublés.

 

 

KNIGHT OF CUPS

de Terrence Malick (Natalie Portman, Christian Bale, Imogen Poots)

 

Rick (Christian Bale)

Rick (Christian Bale)

Rick est un écrivain, esclave du système hollywoodien. Il est dépendant au succès, mais en même temps le vide de son existence le désespère. Des femmes très différentes croisent son chemin. Alors qu’il était môme, son papa lui racontait souvent une histoire qui commençait par : « Il était une fois un jeune prince que son père, le souverain du royaume d’Orient, avait envoyé en Égypte afin qu’il y trouve une perle. Lorsque le prince arriva, le peuple lui offrit une coupe pour étancher sa soif. En buvant, le prince oublia qu’il était fils de roi, il oublia sa quête et il sombra dans un profond sommeil… » Rick tente de trouver des réponses aux questions qu’il se pose…
Cinéaste passionnant et intéressant jusqu’à « LA LIGNE ROUGE », Terrence Malick, après sa version de la légende de Pocahontas, « LE NOUVEAU MONDE », beau esthétiquement mais terriblement ennuyeux (pour vous dire, le dessin animé de DISNEY est moins rébarbatif) s’est perdu dans un amoncellement de stupidité avec une trilogie consacrée à la quête du sens de la vie.
Que ce soit le surestimé « A TREE OF LIFE », avec son imagerie digne d’un fond d’écran PC, ou bien « À LA MERVEILLE », raté sur fond de divorce et foi perdue en l’être aimant, l’auteur de « LA BALADE SAUVAGE » a disjoncté.
Ce troisième et ultime volet en est une preuve supplémentaire pour celles et ceux qui ne seraient toujours pas convaincus.
Entre une esthétique pub Calvin Klein, un discours mélangeant mysticisme à deux francs six sous et panthéisme déliquescent, ce « KNIGHT OF CUPS », chapitré par des figures de Tarot consterne.
Bénéficiant encore d’un casting incroyable mais sacrifié (Cate Blanchett apparait vingt secondes), Malick a laissé libre cours à l’improvisation.
Mal lui en a pris.
Une « épreuve/torture » que vous n’êtes pas obligée de vous infliger.
Moi, on me paie pour cela.
Pas assez cher.

 

 

STRICTLY CRIMINAL (BLACK MASS)

de Scott Cooper (Johnny Depp, Joel Edgerton, Peter Saarsgard)

 

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L’irlandais Whitley Bulger fut, durant les seventies et eighties, le caïd le plus redouté et le plus puissant de Boston. Racket, assassinat, trafic de drogue, soupçonné d’avoir supprimé 19 personnes, il exerça ses activités sans être arrêté une seule fois, grâce à son amitié avec John Connolly, un agent du FBI. Voici son histoire, des son ascension à sa chute…
Troisième réalisation de Scott Cooper, après le poignant « CRAZY HEART » dans le milieu de la country et l’inégal « LES BRASIER DE LA COLÈRE », « STRICTLY CRIMINAL » fait plaisir à plusieurs égards.
D’abord, c’est un impeccable polar, nerveux, racé, qui respecte tous les codes du genre, sans esbroufe inutile, qui va à l’essentiel, comme ceux d’antan signés Don Siegel (« L’INSPECTEUR HARRY », « TUEZ CHARLEY VARRICK »).
Ensuite, les dialogues sont savoureux et évoquent ceux, authentiques, que l’on trouve dans les ouvrages de James Ellroy.
Comme chez Lumet, on y croit et on y apprend des choses sur les moeurs de l’époque, avec un côté documentaire qui aide à l’immersion.
Enfin – et peut-être surtout – la performance de Johnny Depp.
Extirpé un temps de ses cabotinages éhontés chez Tim Burton, il épate ici comme rarement (du niveau de sa période « GILBERT GRAPE »/ »DEAD MAN »).
Grimé, méconnaissable par instant, capable en une seconde de passer d’un affable père de famille en un monstre de sang-froid, inquiétant, apparemment sans forcer (la marque des grands), il marque durablement les esprits.
Nomination probable pour une statuette dorée.
Ce serait amplement mérité, tout comme certains de ses collègues dans les seconds rôles.
L’avenir nous le dira.

 

 

LES COWBOYS

de Thomas Bidegain (François Damiens, Finnegan Oldfield, John C. Reilly)

 

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1994. Alain est un bon père de famille, fan de musique country et un élément important d’une communauté de la vallée du Rhône réunissant d’autres férus comme lui, organisant des rassemblements. Il aime danser avec sa femme, son fils, Kid, et sa fille de 16 ans, Kelly. Cette dernière, au cours d’une de ces réunions festives, disparait sans laisser de traces.
Remuant ciel et terre, Alain va découvrir qu’elle s’est convertie à l’Islam et fera tout pour tenter de la retrouver, épaulé par Kid…
Scénariste de Jacques Audiard pour « UN PROPHÈTE », « DE ROUILLE ET D’OS » et « DHEEPAN », Thomas Bidegain passe derrière la caméra avec ce drame présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, cette année, à Cannes.
Si toute la première moitié est réussie grâce à la composition bluffante de François Damiens – superbe dans un registre qu’on ne lui connaissait pas – incarnant la détresse et à une utilisation des décors (ruraux comme urbains) parvenant à instaurer une ambiance prenante, presque anxiogène, il n’en est hélas de même pour la suite.
La deuxième moitié, elle, prend le parti pris de changer de protagoniste principal en se focalisant sur un des personnages « secondaires » et c’est là que le bâs blesse.
Ne bénéficiant pas de l’abattage de Damiens, malgré de louables efforts, Finnegan Oldfield (« GERONIMO ») tente de défendre un rôle mal écrit dans des péripéties guère palpitantes et des thématiques trop vite expédiées par Bidegain,  .
Maladroit, inabouti, mais indéniablement sincère, « LES COWBOYS » se pose là au lendemain des attentats.

 

 

Les inédits de la semaine : EDGE/BONE TOMAHAWK

de Shane Black/S. Craig Zahler

 

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Edge

 

Refrain archi rabattu, le western est bel et bien mort.
Jamais, il ne ressuscitera.
Pour preuve, les majors hollywoodiennes n’en font plus.
Que nenni.
Ne serait-ce que prochainement Tarantino (« LES 8 SALOPARDS ») ou Alejandro González Iñárritu (« THE REVENANT »).
C’est surtout chez les indépendants ou chaîne de télé internet que le genre se cultive encore.
Les deux titres, à mon sens, valant le coup sont les suivants.
« EDGE » est un pilote de série produit par AMAZON.
Tiré de la saga populaire éponyme des romans de George G. Gilman, Edge est un pistolero solitaire et psychopathe qui, après la Guerre de Sécession, veut venger la mort de son frère, assassiné par des renégats de l’armée nordiste. Il erre de ville en ville, avec une notion de justice qui n’appartient qu’à lui, recherchant les coupables.
Shane Black, oui celui de « IRON MAN 3 » livre un divertissement très fréquentable avec un soupçon de violence bienvenue, un ton pulp et une dose de dérision sympathiques.
A noter en méchant, Ryan Kwanten (le Jason Stackhouse de TRUE BLOOD), savoureux à souhait.
Espérons que la suite voit le jour.
« BONE TOMAHAWK », lui, met aux prises quatre hommes de l’Ouest avec de mystérieux indiens cannibales qui ont kidnappé l’épouse de l’un d’eux.
Mis en scène par S. Craig Zahler, écrivain prolifique et musicien accompli d’outre-Atlantique, cette série B de 2 H 15 est un régal, prenant le temps d’instaurer un climat et donne la part belle à un cast de choc qui assure : Kurt Russell, Patrick WIlson (« HARD CANDY ») et Matthew Vaughn (LOST), très surprenant.
Étrange, proche du grotesque, comportant quelques séquences pas piquées des hannetons comme un démembrement en règle chez les sauvages, une vraie curiosité.

 

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One comment on "Y’A DU CINÉ DANS L’AIR ! – N° 79"

  1. Ce qui est assez incroyable avec Pixar, c’est que même si leur dernier film est assez « classique » dans ses thématiques et sa narration, même s’il n’a pas l’ampleur des œuvres emblématiques du studio et alors même qu’il a connu une production chaotique, Le Voyage d’Arlo met quand même à l’amende la plupart des blockbusters d’animation vus ces derniers temps (Les Minions, En route !, Pourquoi j’ai pas mangé mon père, Les Nouveaux Héros, Dragons 2, Les Pingouins de Madagascar, Rio 2, Hôtel Transylvanie 2…)

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